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GESTION SOCIALE – Jeudi 10 avril 2008 – No 1541

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Devoteam: le low-cost social fait merveille

C’est une valeur sûre du secteur high tech. Devoteam est le premier groupe européen d’ingénierie et de conseil en infrastructures des systèmes d’information. La société dirigée conjointement par Godefroy et Stanislas de Bentzmann joue dans la cour de Capgemini et Accenture. Elle cartonne: son chiffre d’affaires a doublé en cinq ans et a progressé de 39 % en 2007 pour atteindre 370 M€. Les bénéfices sont au rendez-vous :

+26 %, à 20.1 M€, pour 2007.

Mais à quel prix?

Un rapport d’expertise confidentiel, réalisé par le cabinet Secafi-Alpha et présenté lors de la dernière réunion du comité central de l’unité économique et sociale Devoteam (3 950 salariés), lève un coin de voile sur sa gestion sociale.

Du low-cost sur toute la ligne.

L’agressivité commerciale fait mouche. Les prestations de ses consultants seraient facturées jusqu’à 20% moins cher que la concurrence, non sans conséquences sociales.

Les experts de Secafi-Alpha ont tenu à souligner qu’ils ont sué pour se procurer les données sociales, « non disponibles », le détail des masses salariales et les bilans sociaux, (contradictoires).

Ce qui, selon eux, « témoigne d’un intérêt limité pour la gestion des compétences ».

Devoteam s’accommode d’un turnover d’au moins 20%.

Les trois quarts des salariés ont moins de 35 ans et moins de cinq ans d’ancienneté.

La moitié d’entre eux ne reste pas en poste plus de 18 mois.

Côté rémunérations, le benchmark avec d’autres ténors du secteur est sans appel: 4 500 € de salaire mensuel moyen dans la profession, hors intéressement ( 24.99€ cette année) et participation ( peanuts), mais seulement 3 500€ chez Devoteam.

Quant à la formation, elle représente 3 % de la masse salariale d’après l’expertise.

Plus que le minimum légal, mais une misère, compte tenu de l’activité et du personnel de haut niveau.

Pas de GPEC, et une gestion des parcours light.

Appelée à réagir à ces constats, la direction reste impassible pour l’heure.

Un des élus du CE n’a pas hésité à jeter le froid au beau milieu de la fête d’entreprise organisée récemment au Bois de Boulogne (92).Alors que l’ambiance était à la célébration des bons résultats économiques du groupe, ce perturbateur s’est emparé du micro pour livrer ex abrupto les conclusions de l’expertise Secafi-Alpha.

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Les deux patrons,

Godefroy et Stanislas

de Bentzmann ont failli

s’en étrangler.